
Nommée en mai dernier à la tête de la diplomatie béninoise, la ministre Corinne Amori Brunet s’attelle à renforcer la présence du pays sur la scène internationale. Entre l’optimisation de la carte diplomatique voulue par l’exécutif, l’ouverture prochaine d’une ambassade à Alger et la recherche de profils clés pour des postes stratégiques, les chantiers ne manquent pas.
Quelques semaines après son arrivée aux commandes du ministère des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet imprime déjà sa marque. La ministre s’inscrit dans la continuité de la réforme de la carte diplomatique engagée en 2020 — qui avait conduit à la fermeture de dix-sept représentations à travers le monde. Pour pallier l’absence d’ambassadeurs dans certaines zones, Cotonou étudie activement la nomination de nouveaux consuls honoraires, en particulier en Europe, où le pays ne conserve pour l’instant qu’une seule représentation diplomatique majeure : celle de Paris, dirigée de 2023 à 2026 par l’actuelle cheffe de la diplomatie elle-même.
Nouvelle donne géopolitique en Afrique du Nord
Sur le continent africain, la diplomatie béninoise ajuste ses positions face aux réalités régionales. Jusqu’alors, Cotonou s’appuyait uniquement sur son ambassade à Rabat pour couvrir l’Afrique du Nord. En raison de la rupture des relations entre le Maroc et l’Algérie, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Olushegun Bakari (aujourd’hui en charge du Tourisme et de l’Intégration africaine), avait initié l’ouverture prochaine d’une représentation à Alger.
Un projet qui se concrétise sous l’impulsion de Corinne Amori Brunet, alors même que l’ambassadeur algérien au Bénin, Ammar Hadjar, a officiellement présenté ses lettres de créance à la mi-juillet au nouveau chef de l’État, Romuald Wadagni.
La succession à Paris et le casse-tête des postes vacants
Multipliant les déplacements diplomatiques de Séoul à Washington, en passant par Bruxelles et Lomé, Corinne Amori Brunet active également ses réseaux pour lui trouver un successeur à la tête de l’ambassade du Bénin en France. Plusieurs profils ont d’ores et déjà été soumis au président Romuald Wadagni, qui manifesterait une préférence pour un profil non-diplomate. La nomination devrait être entérinée en conseil des ministres dans les prochaines semaines.
D’autres fauteuils diplomatiques de premier plan attendent par ailleurs d’être occupés :
Au Brésil : Le poste est vacant depuis le rappel, en 2025, de l’ancien journaliste Boniface Vignon.
Au Nigeria : La représentation à Abuja — stratégique car assortie de fonctions auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) — est sans titulaire depuis le départ, en septembre 2025, de Paulette Marcelline Adjovi Yekpè. Un enjeu d’autant plus crucial que le Nigeria a été le tout premier pays visité par le président Romuald Wadagni après son investiture.
À travers ces nominations et réajustements, le nouveau pouvoir entend consolider ses alliances régionales et internationales, tout en dynamisant son appareil diplomatique.




