
En première ligne face à l’épidémie d’Ebola en Ituri, les équipes humanitaires décrivent une riposte rendue difficile par la peur, la fatigue et les tensions avec les populations. À Bunia et dans les environs, la méfiance complique chaque intervention.
L’Organisation mondiale de la Santé a relevé le niveau d’alerte pour la RDC à « très élevé » le 15 mai, alors que l’épidémie due à la souche Bundibugyo a déjà fait 139 morts sur près de 600 cas probables. Le premier cas connu est décédé à Bunia le 24 avril. Le virus s’est ensuite propagé lors d’un enterrement à Mongbwalu, où des proches ont tenté de récupérer la dépouille malgré l’opposition du personnel médical.
Les incidents se répètent. Des proches en deuil ont caillassé des véhicules d’humanitaires venus visiter l’hôpital de Mongbwalu. Médecins Sans Frontières a dû retarder de 36 heures la construction de son centre de traitement Ebola, le temps que la tension retombe.
Sur le terrain, les ONG installent des tentes d’isolement et renforcent la prévention. L’OMS a envoyé 11,5 tonnes de matériel et déployé plus de 35 experts à Bunia. Caritas Bunia alerte sur le risque d’une propagation incontrôlée dans les sites de déplacés d’ISP et Kigonze, où le manque d’eau, de kits d’hygiène et de points d’isolement pourrait provoquer une mortalité massive et des mouvements de population.
Le directeur de l’OMS a appelé à un cessez-le-feu dans l’est de la RDC, estimant que les combats alimentent les déplacements et accélèrent la propagation du virus. Les autorités provinciales ont interdit les veillées funéraires, limité les rassemblements à 50 personnes et confié les enterrements à des équipes spécialisées pour limiter la transmission.




