
Le paysage institutionnel béninois connaît un tournant majeur. Ce vendredi, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la loi n°2026-14, actant la suppression provisoire de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Une décision stratégique qui s’inscrit dans un vaste chantier de mise en conformité avec les récentes évolutions constitutionnelles.
Un impératif de cohérence
La réforme constitutionnelle, qui a porté à sept ans les mandats du Président de la République, des députés et des conseillers communaux, exigeait une adaptation profonde du Code électoral. Face à l’expiration du mandat de l’actuelle équipe de la CENA, prévue pour le 14 juillet 2026, les législateurs ont voulu éviter un paradoxe : installer une nouvelle équipe qui, en raison du nouveau calendrier électoral, n’aurait eu aucune élection à organiser jusqu’en 2031.
Une transition sous surveillance
Cette suppression n’est en rien une fin définitive, mais bien une parenthèse nécessaire. Le gouvernement, représenté par le Garde des Sceaux Yvon Détchénou, a soutenu l’urgence de cette loi. Le texte prévoit désormais qu’un décret en Conseil des ministres gérera la liquidation des engagements de l’institution et la réaffectation de son personnel vers l’administration publique.
Défis sociaux et continuité
Si la décision est politique, les préoccupations sociales demeurent au cœur des débats. Les députés ont insisté sur deux points cruciaux : la sécurisation des arriérés de paiement des agents temporaires ayant œuvré lors des derniers scrutins, et la pérennisation de l’appui technique fourni par la CENA à diverses organisations professionnelles du pays. Le gouvernement est désormais face à sa responsabilité : transformer cette transition technique en une refonte efficace du système électoral béninois.




