samedi, avril 25, 2026
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Avec une prévision de production en hausse de 20 % pour la nouvelle campagne, la filière coton s’impose plus que jamais comme le moteur de la richesse nationale. Entre rentrées de devises, industrialisation et dynamisation du monde rural, le coton pèse de tout son poids dans le calcul du PIB béninois.

Au Bénin, parler de croissance économique revient inévitablement à scruter les champs de coton du Nord. Représentant entre 12 % et 13 % du PIB national et près de 70 % des recettes d’exportation, la filière est le baromètre de la santé financière du pays. L’atteinte de l’objectif des 700 000 tonnes pour 2027 pourrait bien être le catalyseur d’une accélération de la croissance globale.

1. Un pourvoyeur massif de devises
Le coton est la principale source de devises étrangères pour le Trésor public. En exportant la fibre vers les marchés mondiaux (Asie et Europe notamment), le Bénin équilibre sa balance commerciale. Une hausse de 20 % de la production signifie mécaniquement une augmentation des capacités d’importation du pays, permettant de financer les grands projets d’infrastructure sans creuser démesurément la dette.

2. L’effet multiplicateur sur l’industrie et les services
L’impact du coton sur le PIB ne s’arrête pas à la récolte. Il alimente toute une chaîne de valeur :

L’industrie de l’égrenage : Des dizaines d’usines tournent à plein régime pour transformer le coton graine en fibre, créant de la valeur ajoutée industrielle.

Le transport et la logistique : Des milliers de camions sillonnent le pays pour acheminer l’or blanc vers le Port de Cotonou, irriguant le secteur des services.

La transformation locale (GDIZ) : Avec l’essor de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, le coton béninois commence à être transformé en vêtements « Made in Benin », décuplant ainsi sa contribution à la richesse nationale par rapport à l’exportation brute.

3. Un moteur de consommation pour le monde rural
Le coton est le principal distributeur de revenus en milieu rural, particulièrement dans le septentrion. En injectant des centaines de milliards de francs CFA directement dans les poches des producteurs, la filière soutient la consommation intérieure. Un paysan qui gagne mieux sa vie consomme davantage de biens et services locaux, ce qui stimule indirectement d’autres secteurs du PIB comme le commerce, la santé et l’éducation.

4. La souveraineté alimentaire en bonus
C’est un paradoxe bénéfique : plus on produit de coton, mieux on produit de céréales. Le système d’accès aux intrants (engrais et herbicides) mis en place pour le coton profite directement aux cultures de rotation comme le maïs ou le sorgho. En stabilisant la production vivrière, le coton aide à maîtriser l’inflation alimentaire, un facteur clé pour la stabilité de la croissance économique.

En conclusion, l’ambition des 700 000 tonnes pour la campagne 2026-2027 est une stratégie de souveraineté économique. Si le défi climatique et la gestion des intrants sont maîtrisés, le coton restera, pour les années à venir, le socle sur lequel repose l’émergence financière du Bénin.

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