
C’est un coup de tonnerre qui vient de retentir dans le ciel politique béninois à quelques semaines du scrutin présidentiel. Éric Houndété, figure historique de l’opposition et président par intérim contesté du parti « Les Démocrates », a officialisé ce jeudi 26 mars 2026 son soutien au candidat de la mouvance, Romuald Wadagni. Un ralliement opéré sous la bannière d’une nouvelle coalition : le « Pacte Républicain ».
La scène se passait à Cotonou, ce jeudi. Dans une ambiance empreinte de gravité, Éric Houndété a acté ce que beaucoup considèrent déjà comme le ralliement le plus spectaculaire de cette campagne. Entouré de figures politiques telles qu’André Dassoundo, Jude Lodjou ou encore Jean-Baptiste Hounguè, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a scellé son destin à celui du dauphin de Patrice Talon.
Un discours entre foi et liberté de parole
Pour justifier ce virage à 180 degrés, Éric Houndété a surpris en plaçant son intervention sous un double sceau spirituel, citant à la fois le Coran et la Bible. « Ne te détourne pas de l’humain », a-t-il lancé en guise de préambule, avant de poser les conditions de son engagement au sein du « Pacte Républicain ».
L’acteur politique a particulièrement insisté sur la nécessité de restaurer un espace de débat sain au Bénin. Tout en rejoignant le camp du pouvoir, il a martelé son souhait de voir le pays redevenir un lieu où « chacun a droit à la parole » et où la critique de l’action publique est possible, malgré la période de « trêve politique » de rigueur. Un équilibre subtil entre soutien au candidat Wadagni et exigence démocratique.
Le divorce consommé avec « Les Démocrates » ?
Ce ralliement intervient dans un contexte de crise ouverte au sein du principal parti d’opposition. Alors que le Conseil national du dimanche 22 mars a désigné Nourénou Atchadé pour diriger le parti après le retrait de Boni Yayi, Éric Houndété maintient le flou sur sa situation personnelle. S’il n’a pas officiellement annoncé sa démission, son soutien public au candidat de la Rupture sonne comme une rupture définitive avec ses anciens compagnons de lutte.
Désormais, celui qui revendiquait encore récemment la présidence par intérim des « Démocrates » s’apprête à battre campagne pour Romuald Wadagni.
Quel impact pour le scrutin du 12 avril ?
L’arrivée d’Éric Houndété dans l’escarcelle de Romuald Wadagni est une prise de guerre majeure pour la mouvance présidentielle. Elle fragilise un peu plus une opposition déjà en proie à des querelles de leadership et offre au candidat Wadagni une caution d’ouverture non négligeable.
Avec le soutien de ce « Pacte Républicain », Romuald Wadagni consolide sa base et espère sans doute ratisser large au-delà de ses soutiens naturels. Pour Éric Houndété, c’est un pari risqué : celui de peser de l’intérieur sur la gouvernance à venir, au risque de s’aliéner une partie de sa base électorale historique.




